Mathis Bertrand

Étudiant-agrégatif en philosophie

Projet de Thèse

La raison du nombre : optimisme social, statistique morale et métaphysique de la moyenne en France et en Allemagne (1849-1918)

Une première forme du projet a été présentée sous la direction d’Éric Brian et de Laurent Mazliak.
Admissible aux contrats doctoraux de la formation « Histoire et civilisations » de l’École doctorale de l’EHESS, juin 2025 (financement non obtenu).
Projet de thèse actuellement en recherche de financement (bourse doctorale, ANR, ERC...) et en cours de reconfiguration.

Ma recherche porte sur la fortune d'un cadre de pensée en partie élaboré par Adolphe Quetelet (1796-1874), dans lequel la loi des grands nombres ne se contente pas de décrire la société, mais révèle un ordre sous-jacent stable, positif et moral. Cet optimisme se manifeste au moins de trois manières : par une confiance épistémologique dans la moyenne, par l’établissement d’institutions de calcul à l'échelle européenne et, enfin, par un certain optimisme moral.

À rebours des descriptions classiques du « fatalisme statistique », j'analyse le devenir de cet héritage entre 1849, lorsque le logicien herbartien Moritz Drobisch publie l'un des premiers comptes rendus de l'œuvre de Quetelet, et 1918, à travers trois axes majeurs :

Le travail se clôt sur la Première Guerre mondiale, point de rupture où l’expérience de la contingence industrielle et militaire vient briser l’enthousiasme statistique originaire et le modèle laplacien qui le soutenait.

En fin de compte, je voudrais décrire ce changement sur le plan épistémologique et classer ces différentes positions de manière satisfaisante.

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